Cognac et
Armagnac

Le Cognac a un peu été créé par hasard. En effet, des vignerons souhaitaient exporter du vin blanc peu alcoolisé vers la Hollande alors pour que le transport n’altère pas le vin, ils le distillèrent puis y ajoutèrent de l’eau une fois arrivé. Après la première distillation, ils constatèrent que le breuvage obtenu était une eau-de-vie de piètre qualité.

Laissé en fût, l’alcool distillé se changea en liqueur, le Cognac. Son succès ne se fit pas attendre et le Cognac devint ainsi célèbre dans le monde entier. En Hollande, il fût nommé « brandewiin », d’où est issu le terme « brandy ».

Quant à l’Armagnac, sa découverte est un mystère bien gardé par l’histoire. Il semblerait qu’il s’agissait du plus vieil alcool du monde élaboré pour la première fois au XIIIème siècle. Certains historiens datent sa commercialisation dans sa région de fabrication vers 1400. L’Armagnac a longtemps été utilisé comme médicament contre la nervosité. Son degré d’alcool élevé, compris en moyenne en 52% et 72%, aida surement à créer cette thérapie pour le moins surprenante.

En revanche, l’Armagnac, lui, fait appel à un processus de distillation en alambic et plus spécifiquement l’alambic charentais.

Le cognac est donc distillé deux fois, une première fois entre 28% et 32% d’alcool (le “brouillys”) puis ce brouillys est re distillé entre 68% à 72% d’alcool, alors que l’armagnac est distillé une seule fois généralement entre 52% et 56% d’alcool.

Une sélection de nos produits

Cognac et Armagnac : comment les différencier

1. Le terroir

2. Les cépages

3. La méthode de distillation et vieillissement

Première différence entre cognac et armagnac : le terroir.
Les terroirs du cognaçais et de l’armagnacais, tous deux en région Nouvelle-Aquitaine, sont séparés d’environ 300 kilomètres ; ce qui induit des différences de sols.

Sous l’armagnac, on trouve des sables fins quartzeux, des sédiments continentaux et fluviaux et de l’argile siliceuse. Ce terroir se divise en 3 crus:

Le bas-armagnac ou armagnac noir se trouve en partie dans les Landes. Il est caractérisé par des terrains argilo-siliceux pauvres en calcaire, parfois acides.
Le haut-armagnac ou armagnac blanc se caractérise par des sols à dominante calcaire sauf dans sa partie méridionale où l’on retrouve les boulbènes argilo-siliceuses.
La Ténarèze est une terre de transition que l’on retrouve en partie dans le Lot et Garonne. Là la vigne est cultivée sur des sols à dominante argilo-calcaire.
Carte crus d’Armagnac

Les sols cognaçais sont en majorité calcaires. Le cognac se divise en 6 crus :

La Grande Champagne, autour de la ville de Segonzac, produit les plus fines eaux-de-vie de cognac.
La Petite Champagne, se situe à cheval sur les départements de Charente et Charente-Maritime, autour de Barbezieux (Charente), Archiac et Jonzac (Charente-Maritime).
Les Borderies, une petite aire de production autour du village de Burie.
Les Fins Bois se situent à la périphérie des trois zones précédentes. C’est ici qu’est produite la majeure partie des vins (42 %).
Les Bons Bois, encore plus éloignés de Cognac.
Les Bois Ordinaires. Dans cette vaste zone seulement 1,5 % des vignes sont consacrés au cognac. On les trouve à proximité de l’océan Atlantique ainsi que vers des Deux-Sèvres ou la Dordogne.

A Cognac 97% du cépage utilisé est de l’Ugni-Blanc qui donne des eaux-de-vie fines et de qualité. Il est également utilisé en Armagnac (55 %).

En Armagnac, on trouve également de la Folle Blanche (2 %) qui produit des eaux-de-vie fines et florales, du Colombard aux arômes fruités et épicés appréciés dans les assemblages, du Baco (hybride de la folle blanche et du Noah américain) qui donne des eaux-de-vie rondes aux arômes de fruits mûrs (35 %).

Les différences d’utilisation des cépages entre ces deux régions proviennent du fait que l’Armagnac produit du vin destiné à être consommé sans être distillé. Ce qui n’est pas le cas à Cognac où le vin très acide n’est pas agréable tel quel.

La grande majorité de l’armagnac est obtenu avec l’alambic continu Armagnac. Le brevet de cette machine a été déposé en 1818 et perfectionné au fil du temps par les distillateurs. L’eau-de-vie obtenue à l’issue de la distillation a un degré alcoolique compris entre 52% à 72%.

Au contraire, la distillation sur l’alambic charentais comprend deux distillations. La première chauffe permet d’obtenir un alcool à 20-30 degrés appelé « brouilli » qui sera redistillé en « bonne chauffe » a 70-71 degrés. Cette dernière distillation deviendra du cognac.

Point de similitude, les étiquettes de cognac et d’armagnac partagent les mêmes mentions témoins du nombre d’années de vieillissement :

VS Very Special : au moins 2 ans
VSOP Very Superior Old Pale : au moins 4 ans
XO Extra Old : vieillissement d’au moins 10 ans
Millésime : provenant d’une seule récolte (une année de référence)